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Chacun son mauvais goût

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Designer Interieur Melanie Trinkwell

MÉLANIE TRINKWELL

DESIGNER D’INTÉRIEUR, MWELL STUDIO


Ma grand-mère, la regrettée Simone, se plaisait à clore tout débat de nature esthétique de ce sage adage : « chacun son mauvais goût ». Dans d’autres sphères, à d’autres époques, quand Nietzche soutenait que « le mauvais goût a son droit autant que le bon », Galliano ironisait : « je préfère le mauvais goût à l’absence totale de goût ! ». Un vaste sujet en matière de décoration et aménagement, dont je vous propose de débattre…

Qu’est-ce que le mauvais goût ?

Le mauvais goût est culturel ; chaque pays cultive son idée du bon et mauvais goût. Combien de fois avons-nous entendu les Français moquer amicalement le goût débridé de leurs voisins Anglais ? Mais à l’intérieur d’une même communauté, le mauvais goût peut se transformer en une arme politique redoutable; le dénonce, c’est dicter sa loi. Dans son ouvrage La Distinction, le sociologue Pierre Bourdieu montre comment la classe dominante cherche à légitimer et maintenir sa position par une stratégie qui définit et impose au reste de la société ce qui est de bon goût et ce qui ne l’est pas : « de toutes les techniques de conversion visant à former et à accumuler du capital symbolique, l’achat d’œuvres d’art, témoignage objectivé du goût personnel, est celle qui se rapproche le plus de […] l’incorporation des signes distinctifs et des symboles du pouvoir sous la forme de distinction naturelle, d’autorité personnelle ou de culture ». La vérité est évidemment qu’il n’y a ni Laid ni Beau absolu et éternel. La soi-disant faute de goût n’est qu’un lapsus… Le fond qui remonte à la surface !

Toa Heftiba « Un Pari Osé Mais Une Harmonie Dans Les Couleurs »

Crédit Photo : Toa Heftiba « un pari osé mais une harmonie dans les couleurs »

Se libérer des diktats (et des voisins !)


Revenons à nos intérieurs. Nombre d’entre nous peine à transformer leur “home” en un lieu unique et authentique. Il est si facile de se laisser impressionner par les diktats de la décoration, de se comparer aux voisins ; nous en oublions de nous concentrer sur nos vraies valeurs et envies. Si vous ressentez cette angoisse inexpliquée à l’idée de commettre un faux-pas, demandez-vous qui vous fait peur ? Craignez-vous l’avis de votre famille ? Celui de vos amis ? Ou bien le vôtre ? Le nœud du problème est là : il ne s’agit pas de la peur d’un objet, d’un matériau ou d’une couleur, mais celle de se confronter à nos propres limites ou de se s’affranchir de celles de notre entourage. Prenez-en conscience et le déclic sera immédiat. Je sens que vous commencez déjà à vous libérer… Et, de grâce, libérez-vous par la même occasion des théories esthétiques et effets de mode. Seule votre histoire est essentielle, inspirez-vous des choses qui ont un véritable sens pour vous et les personnes qui partagent votre foyer. Voici le secret pour se sentir bien chez soi et créer un intérieur à son image.


Oui, mais voilà, il y a le « bon mauvais goût » et le « mauvais goût »…


De la nécessité d’exprimer son (bon) mauvais goût

Dans un décor hautement habité et personnalisé, on lit le signe d’un certain rapport à la connaissance : la connaissance de Soi. Celle qui irrigue tout notre être. Oser exprimer ses goûts, quels qu’ils soient, c’est s’affirmer, s’affranchir. Oui, mais voilà, il y a le “bon mauvais goût” et le “mauvais goût”… C’est un peu comme le bon et le mauvais cholestérol, n’en déplaise aux gourmands.

Il n’y a rien de plus vivant et amusant que le mauvais goût bien dosé : le mauvais goût se maîtrise, il convient de ne point trop en faire. Parcimonie est le mot d’ordre. Une lampe atypique, des motifs mal assortis, des meubles de différentes époques…

En bref, un élément qui sort du cadre ; c’est souvent cet élément qui transcende le décor, lui donne toute sa valeur. Le kitsch a du bon : ce sont les couleurs trop fortes qui réveillent et les accumulations qui interpellent l’œil. Sans ces dissonances, un décor peut vite devenir ennuyeux, voire terne. Mais comment faire les bons choix en pratique ?

Et la tendresse ? Bordel !

Ce titre de film bien désuet de 1979 par Patrick Schulmann est la réponse définitive à votre interrogation : le “bon mauvais goût”, c’est celui qui n’appartient à aucune classe sociale ou revendication de richesse, c’est celui qui répond à la… tendresse ! De « l’accident » en décoration née la beauté. Il s’approprie un décor trop lisse, lui confère une patine, une allure, une émotion. Les dessins de vos enfants dans le couloir, un fauteuil à la mine fatiguée mais au confort si parfait, un modeste vase qui vous a été légué par votre “Simone”… tant d’éléments qu’il vous appartient d’assumer et d’aimer pour ce qu’ils sont ! Je laisse au poète Portuguais Fernando Pessoa le soin de conclure : « Les choses n’ont pas de signification, elles ont une existence ».

Toa Heftiba « Un Jeu De Matières »

Crédit Photo Toa Heftiba « un jeu de matières »


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Rédigé par : Mélanie Trinkwell, Designer d’intérieur

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Rédigé par : Mélanie Trinkwell, Innenarchitektin